Depuis la mise en place des comptes d’épargne libre d’impôt, je constate que les épargnants ne le comprennent pas encore très bien, mais surtout… de nombreux professionnels improvisent et font des recommandations discutables.
Samedi dernier dans le cahier Affaires de la Presse, le journaliste Marc Tison a fait faire une étude de cas par le planificateur Pierre Renaud de la Scotia. Celui-ci recommandait à un couple de payer ses dettes avec un héritage et de conserver 3 670$ de coussin d’urgence dans un CELI.
Vraisemblablement monsieur Renaud a été hypnotisé par les publicités de son institution et en a perdu son gros bon sens. Un fonds d’urgence et un CELI ne doivent pas servir aux mêmes objectifs… en raison des règles administratives et fiscales. Aussi, le taux misérable offert par les banques, dont Scotia, vient ni plus ni moins gaspiller cet espace précieux de croissance libre d’impôt.
Souvenez-vous toujours que l’argent qui sort d’un CELI ne peut y retourner que l’année suivante. Alors, on ne doit y piger que pour une situation très exceptionnelle ou des projets précis. Le CELI doit ainsi être constitué APRÈS qu’on ce soit bâti un bon fonds d’urgence équivalent à 3 ou 6 mois de revenu. Cet argent doit être encaissable en 24 heures et investi sans aucun risque de volatilité ou de taux de change. Le compte bancaire à haut rendement est parfait pour ça. Les CPG non encaissables avant le terme sont à bannir.
Par définition, un fonds d’urgence PEUT servir n’importe quand et se renflouer n’importe quand. Pas un CÉLI.
Dans le contexte de faible taux d’intérêt, le choix du produit pour son CÉLI a énormément d’importance. Je l’ai écrit très souvent dans ce blogue, tant que les taux fixes resteront aussi bas, il faut rechercher des placements qui répondent à notre profil, mais qui procureront un rendement LIBRE d’impôt plus substantiel que les miettes que nous offrent nos sympathiques banquiers.


Bonjour,
il y a des éléments importants qui ne ressortent pas dans votre critique et qui, selon moi, font que la recommandation faite par la Scotia est mieux adaptée que vous ne l’indiquez ici.
1-Ces personnes ne sont plus dans la phase « épargne »
À la retraite depuis un moment, le temps est venu pour eux de consommer l’épargne faite, plus que d’en produire de nouvelles. Ainsi, le plan n’a pas à considérer la possibilité d’absorber plus d’épargne. Il faut aussi réduire de beaucoup le risque des actifs.
2-Ces personnes n’ont aucune épargne non-enregistrée
Que le fond d’urgence ne soit pas le meilleur usage possible pour le Céli, soit. Mais pourquoi laisser ce fond d’urgence hors du Céli quand rien d’autre ne peut rentrer dans le Céli ? Ils n’ont pas d’épargne non-enregistrée et ne génèreront plus d’épargne.
Dans le cas de ces personnes, le Céli aura peu d’effets bénéfiques, mais surtout en raison de leur âge et de leur situation financière qu’en raison d’un mauvais usage du Céli.
Qu’auriez-vous fait ?
1-Ne pas payer les dettes pour avoir plus de liquide ?
Les dettes sont rarement une bonne chose!
2-Sortir un revenu brut supérieur du Réer / Ferr pour engraisser le Céli ?
Le surplus de revenu brut entraînera une pénalité d’impôt qui effacera les avantages du Céli.
3-Vivre sans fond d’urgence en faisant des placements à plus haut risque malgré l’âge et la réalité de ces gens qui n’économiseront plus?
Tous ont besoin d’un fond d’urgence.
4-Laisser le fond d’urgence non-enregistré et, faute d’argent, ne pas avoir de Céli du tout ?
Mieux vaut un Céli offrant peu d’avantage que pas d’avantage du tout.
Placer le fond d’urgence dans le Céli était, selon moi, la bonne recommandation POUR CES GENS.
Jacques Bourdeau
@Jacques,
Je vous invite à relire la mise en situation. Nous nous entendons sur plusieurs points dont ceux-ci:
1-Payer ses dettes est primordial
2-Ne pas prendre de risque inutile avec ses placements est souhaitable dans leur situation
Mais là où je considère que le planificateur Renaud a erré, c’est en plaçant 3 670$ de fonds d’urgence dans un CELI. Il gaspille ainsi un espace très précieux.
Pourtant, il suggère de faire deux placements rachetables (sans autre explication) un de 8 130$ destiné à faire les paiements hypothécaires durant 18 mois et un autre de 43 000$ servant à rembourser le solde hypothécaire en septembre 2010.
Pourtant une option beaucoup plus intéressante s’offrait au couple.
Conservons la structure de la proposition. 8 130$ peuvent être placé dans un fonds obligataire à court terme. Par exemple, le TD revenu court terme. Sur 15 ans, le rendement annuel moyen est de 5,15%. À chaque mois, on rachètera le versement hypothécaire nécessaire de 813$.
Quant au 43 000$, j’y placerais pour chacun 5000$ immédiatement dans un CÉLI et 5000$ chacun supplémentaire dès janvier 2010. Donc, 20 000$ dans des comptes à croissance libre d’impôt et 23 000 dans un compte ouvert imposable.
Ses montants produiront plus de 2000$ en intérêt, dont la moitié non-taxable. Pour la somme restante, soit 3 670$; elle devra être accessible rapidement et ne subir aucune fluctuation négative. Le compte bancaire à haut rendement est à privilégier mais il ne rapporte pas plus qu’1%. 36,70$ imposable.
Alors, il est là mon raisonnement. Pour un couple de retraités aux finances précaires, vaut-il mieux recevoir 2000$ dont 1000$ non-imposable (généré par les CELI maximisés) ou bien 36,70$ IMPOSABLE d’un fonds d’urgence improvisé?
Les placements qui génèrent le plus de revenu (sans autant être à risque) doivent être retenu en priorité pour maximiser la croissance libre d’impôt.
Re-bonjour,
une explication plus complète comme celle-ci informe beaucoup mieux que le texte de l’article principal. Expliquer une meilleure stratégie vaut toujours beaucoup plus que d’en qualifier une de non optimale.
Merci pour l’explication et effectivement, utiliser le Céli (ou plutôt LES Céli) pour faire patienter les sommes destinées à l’hypothèque se révèle ici un meilleur choix que de n’y laisser que le petit résidu de quelques 3 000$.
Même si cette somme n’est appelée à y rester que peu de temps, c’est déjà mieux de l’y mettre que de la laisser dormir dehors.
C’est toujours un plaisir de lire et d’apprendre sur Céli.ca,
Jacques
@ Fabien
Merci pour les explications. J’ai une question pour vous étant personnellement peu expérimenté dans les fonds communs, tels TD revenu court terme, Fidelity Obligations canadiennes à court terme ou Bissett Canadian Short Term Bond Fund, etc.
Chacun de ces fonds ont plusieurs séries (A, F) et plusieurs structures de frais: à l’entrée, à la sortie (captif 6 ans) et aussi à chaque année (frais de gestion). Prenons l’exemple de Fidelity Obligations canadiennes à court terme :
*Série A: Frais d’acquisition de type reportés (6% la 1er année!!!!!, 0% la 6e année) et RFG de 1.43% (par année)
*Série B: Frais d’acquisition à l’entrée (je ne trouve pas le montant, comment le trouver?) et RFG de 1.13% (par année)
*Série F: pas de frais d’acquisition (?) et RFG de 0.6%?
Ces types d’investissements m’intéressent pour mon CELI. Toutefois, est-ce possible de m’éclairer sur ces différents frais, l’exactitude des informations ci-dessus, les autres différences equi existent entre ces séries, et à qui s’adressent chacune de ces séries?
Merci de votre aide.
Arthur
Bonjour Arthur,
Les fonds communs ont des structures de frais variées en fonction de quelques critères. Les plus courants étant la somme investie, le commissionnement versé à l’institution et l’horizon de placement de l’investisseur. Soit, la période de temps que vous souhaitez laissé investi vos épargnes.
Les frais de sortie sont là pour 2 choses. Un, dissuader les spéculateurs de changer de fonds régulièrement et deux, permettre au conseiller qui vous le vend de se faire un salaire.
Fréquemment, les conseillers à honoraires et commissions n’ont pas de salaire de base. En vendant un fonds à frais de sortie, les compagnies de fonds leur versent une commission d’avance, en supposant que vous resterez investi avec eux pendant quelques années.
La où ça devient compliqué, c’est que chaque compagnie n’a pas nécessairement le même code pour catégoriser les séries de frais. La négociation avec son conseiller entre aussi en jeu. Voici quand même les séries de base et leurs particularités.
A-Sans frais d’entrée et sans frais de sortie. Parfait pour celui qui ne sait pas QUAND, il aura besoin de ses sommes.
B-Avec frais de sortie RÉDUIT. On retrouve une pénalité de retrait entre 2,5 et 4% pour les rachats fait dans les 2 ou 3 premières années du dépôt.
C-Série F. Il n’y a pas de frais d’entrée, ni de sortie. Les frais de gestion sont les plus bas, mais le conseiller ou planificateur qui vous les offre vous facture un pourcentage annuel de votre actif confié. La série F est souvent appliquée pour des sommes supérieurs à 100 000$.
Le RFG ou Ratio de Frais de gestion, c’est simplement les frais totaux que les fonds chargent aux détenteurs de parts pour fournir la performance. Il n’y a pas nécessairement de lien de cause à effet dans les bons fonds. On trouve d’excellents fonds qui chargent peu et des pourries très abordables. Sachez que contrairement à la croyance populaire, à l’exception de la série F, TOUS les rendements publics des fonds communs sont NETS de frais. ce qui n’est pas le cas aux États-Unis.
Si le fonds a fait 5% de rendement, il est tout à vous. Les frais sont déjà prélevé avant la publication de la valeur de la part.
Pour un CELI, les frais de rachat étalés sur 6 ou 7 ans me semblent inadéquats. A moins d’avoir les poches très profondes…
Je suggères les fonds sans frais d’entrée ou de sortie mais… comme les montants totaux dans le CELI sont encore modestes (10 000$ dès janvier), les conseillers qui veulent gagner leur vie optent souvent pour les frais réduits sur 3 ans. Rien ne vous empêchera de les racheter avant terme mais, si c’est le cas la pénalité sera minime.
C’est l’option qui me semble la plus équitable pour les deux.
NB: Les fonds des banques ou caisses sont presque toujours sans frais d’entrée, sans frais de sortie… et sans conseil. C’est ni plus ni moins que le VRAC de l’épicerie. Il n’est pas rare de voir la même personne qui vident les guichets, venir ensuite vous offrir le fonds à saveur du mois et repartir régler un prêt-auto…
C’est pas très sérieux mais, on reçoit pour ce que l’on paye!
Fabien Major, MBA
Votre Expert CELI
Bonsoir Fabien,
Merci pour vos explications et pour la clarification du rendement NET.
Toutefois, j’aurais 3 questions additionnelles pour vous :
1- Lorsqu’il n’y a pas de frais d’entrée ni frais de sortie, est-ce que cela veut dire que le RFG est plus élevé, ou vice-versa ? Genre de « zero sum game » ?
2-Avez-vous une bonne suggestion de site Internet afin d’avoir les FRAIS spécifiques à chacun de ces fonds ?
3- Selon votre explication, il semble y avoir place à négociation avec mon conseiller concernant les frais. Mais qu’en est-il si je désire acheter un fonds Fidelity si ma banque est plutôt la Nationale, par exemple?
4- Finalement, une question plus générale : Que pensez-vous du rendement potentiel des obligations à court terme (donc des fonds à revenu fixe court terme) dans le contexte d’une hausse (un jour…!) des taux d’intérêt par la Banque du Canada ?
Merci beaucoup,
-Arthur
Rebonjour Arthur,
Pour répondre à la première question; Sans frais ne signifie pas nécessairement que vous paierez des frais de gestion différents. La plupart du temps, ils sont identiques. Certaines sociétés comme Hartford et Fidelity, les réduisent légèrement.
Pour connaître les frais de TOUS les fonds, je vous suggères Morningstar.ca ou fundlibrary.com
Vous parlez ensuite de votre Banque Nationale et aimeriez y acheter des fonds Fidelity. Pour se faire, ouvrez-y un compte de courtage à escomptes. Vos frais seront réduits au minimum. Si vous souhaitez avoir un conseiller, je vous suggères plutôt un conseiller indépendant qui pourra puisez dans l’univers de TOUTES les financières sans parti pris, ni quota de vente.
Enfin, en ce qui a trait aux rendements futures des obligations à court terme dans un contexte de hausses prochaines des taux directeurs… j’ai fait exprès de parler d’OBLIGATIONS À COURT TERME. Les obligations à échéances moyennes ou longues vont inévitablement piquer du nez. Un portefeuille d’obligations venant à terme dans un horizon de 2 ans, n’en souffrira pas trop.
Fabien Major, MBA
Votre Expert CÉLI
Merci afin de partager votre expertise!
Arthur