Depuis bientôt 4 ans, le CELI permet aux Canadiens de 18 ans et plus d’accumuler de l’épargne à l’abri de l’impôt. De sondage en sondage, on constate que les investisseurs sont peu familiers avec ses rouages. Encore cette semaine, l’émission La Facture fait état d’un ingénieur à qui on a envoyé un avis pour cotisation CELI excédentaire de 23 000$!!!! Ce client d’ING-Direct n’a jamais été avisé ou secondé par les employés de l’institution virtuelle. Un autre qui croyait à tort que ce n’était qu’un simple compte bancaire.
Cependant, ceux qui ont un CELI bien investi sont bien conscients qu’à long terme, les avantages seront TRÈS attrayants. Imaginez, dès janvier 2012 un couple pourrait détenir 40 000$ en placements dont les intérêts seront totalement libres d’imposition. Cela commence à être sérieux. Justement, en raison des sommes qui commencent à y être significatifs, certains tirent la sonnette d’alarme. Des iniquités profondes sont à prévoir chez les aînés.
L’actuaire en chef du Bureau du surintendant des institutions financières croît que le gouvernement fédéral doit rapidement colmater cette brèche. Le SRG ou supplément de revenu garanti ne tient pas compte des actifs, ni des revenus provenant des comptes d’épargnes libres d’impôt. Ainsi, un couple de retraités astucieux ou bien conseillé pourrait avoir une fortune en fonds de placement de catégorie fiscale (qui reporte du gain en capital) et des CELI bien garnis et ainsi avoir droit au 665$ par mois destiné aux Canadiens à très faibles revenus.
Je suis certain que ce tour de passe-passe s’est faufilé entre les mailles de l’Agence du Revenu du Canada. Sans vraiment modifier le CELI, on pourrait bien dorénavant l’inclure dans la base de calcul de richesse des demandeurs du Supplément de Revenu Garanti. Un ajustement qui empêchera la création d’un VÉRITABLE puits dans fond!


Si c’est légal, pourquoi parle-t-on d’abus?
À la base, le CELI a aussi été implanté pour réduire le blanchiment d’argent via des paradis fiscaux « offshore ». Le CELI va permettre, à long terme, de conserver des sommes d’argent à l’intérieur des frontières canadiennes.
Le gouvernement ne doit pas reculer à partir du moment où ça commence à être payant. Sinon, le résultat sera que cet argent qui « dort » légalement à l’abri de l’impôt va retrouver le chemin des iles…