Le compte d’épargne libre d’impôt ne fait pas que des adeptes et des heureux. Certains montent littéralement aux barricades en déclarant que c’est là un « outil de détournement fiscal pour les riches« .
« Comment ne pas voir que ce produit financier ne fera que contribuer davantage aux inégalités sociales en permettant aux familles riches d’en retirer des gains substantiels, alors que les familles à revenu moyen et faible continueront de payer normalement leurs impôts ? C’est sans parler de l’impact prévisible sur la qualité des programmes sociaux et des services publics. »
Il faut quand même pas exagérer, on parle de 5000$ par an. Pas de 500 000$. L’auteur de ce texte, Dan Furukawa Marques, oublie deux détails majeurs: l’existence des paradis fiscaux et la double taxation.
Le CÉLI ne donne pas de déduction! C’est de l’argent APRÈS impôt. Taxer des sommes qui ont déjà fait l’objet de cotisation est aussi incongru que de taxer une taxe (comme le font certaines taxes de vente provinciales). C’est en raison de nombreux abus fiscaux que certains décident de se tourner vers les Caïmans ou les Bahamas. Regardons du côté de l’Europe, la taxation à l’excès a provoqué une fuite des capitaux sans précédant vers les havres fiscaux.
Enfin, l’argent qui ressort du CELI pour l’achat d’une voiture, d’une maison et autres biens de consommation… va déclencher automatiquement de nouvelles taxes de ventes… On veut bien voir notre épargne se faire taxer deux fois… mais pas TROIS!


Au plan technique, tous ces arguments tiennent rigoureusement la route.
Ça donne à penser…
Un “outil de détournement fiscal pour les riches“ pour $5000 par an ?
Alors si, quand on fait l’effort d’economiser $13 par jour on est qualifié de riche, alors il y a beacoup de riches en devenir…
En fait, cet article de Canoë indique que le salaire moyen d’un Québécois, en 2006, était de 35,781$.
L’achat d’un CELI de 5k$ représenterait un peu moins de 15% de son salaire annuel, ce qui est significatif.
Si ce salarié n’a qu’un nombre minimal de responsabilité, il peut sans doute y arriver mais dès qu’il a une famille (ou une pension alimentaire) à entretenir, ce 15% va être utilisé pour les « dépenses courantes ».
Ainsi, ce sont les classes moyennes élevées, riches et ultra-riches qui peuvent systématiquement recourir au CELI, d’où la logique voulant que cette mesure s’adresse d’abord aux riches.